Dimanche

23 septembre 2018 § Poster un commentaire

Vingt-trois septembre

C’est son anniversaire, à papa. Je voudrais pouvoir lui souhaiter le meilleur et pourtant j’ai conscience de sa tristesse.

Je lui en veux. Depuis bon nombre d’années. Je suis consciente que c’est extrêmement compliqué. Mais il ne m’a pas sauvé du pervers narcissique. Et pourtant il a vu.

Lorsque je suis partie, lorsque j’ai réussi à échapper aux griffes du pervers, je pensais être libre. Il n’en était rien. Il a gardé une emprise sur moi les semaines suivantes. J’ai été sa marionnette maintes fois alors même que je ne vivais plus avec. Il m’a menacé de faire ce qu’il m’ordonnait sous peine de perdre ma fille. En l’écoutant, j’ai perdu la moitié de moi. Celle qui me restait.

Mon papa, lui, connaissait toute l’histoire. Il est resté sourd, muet et aveugle. Aveugle des émotions qui me traversaient , ou plutôt qui me poignardaient. Aujourd’hui, j’ai un mal fou à escalader la muraille que j’ai érigée pour me protéger. Ma confiance est bien cachée, enterrée sous un amas de douleurs.

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Vendredi

21 septembre 2018 § 9 Commentaires

Vingt-et-un septembre

Tu ne pourras me dire qu’on brûle encore puisque tu n’en as peut-être jamais eu la sensation. Tu me regardes me démanteler, l’air assommé devant tant de tourments. Tes mains croisées me disent « Je ne sais pas quoi faire, désolé ». Tu serais prêt à tourner le dos en attendant que je m’écrase. Tu récolteras les petits morceaux, un peu plus tard, sans vraiment savoir quoi en faire ni comment les rapiécer. Tes démons te poussent à agir de la sorte et les miens me font chavirer. Je l’ai répété 100 fois, je me sens si seule. Pourtant je t’aime. Comme la toute première fois. Je te chéris comme je l’ai écrit il y a quelques années de ça. Je t’aime exactement de la même façon, inconditionnellement.

Mercredi

19 septembre 2018 § 2 Commentaires

Dix neuf septembre

Il me dit ‘Tu es belle’. Je fais non de la tête. Il répète ‘Tu es la fille aux grands yeux bruns et aux tâches de rousseur’. Je souris, j’aime bien être cette fille.

Lundi

17 septembre 2018 § 2 Commentaires

Dix sept septembre

Il a menti. Je l’ai entendu au fond de sa gorge, le goût du secret mêlé à la honte. Quelque petits mots et mon cœur se referme, toi dehors moi dedans.

De deux à trois

17 juillet 2018 § Poster un commentaire

 » Je suis enceinte  »

Cette phrase ne cessait de se heurter en mon intérieur. Je n’arrivais pas à réaliser. Je sentais ce malaise s’emparer de tout mon être. Étais-je heureuse ? Non. J’étais perdue, tiraillée. Je ne voulais pas de ce bébé et lui non plus. Enfin c’est ce que je croyais. La journée fut interminable. Je plongeais dans mes dossiers professionnels sans arriver réellement à me concentrer. Tantôt j’avais hâte de rentrer à la maison, que l’on puisse en discuter, tantôt je redoutais ce moment plus que tout. Et ce dernier arriva.

Nous avions les enfants, il était donc préférable d’attendre l’heure du coucher avant de discuter calmement. Cet échange fut plutôt court. Il m’expliqua clairement qu’il ne voulait pas de ce bébé, que ce n’était pas le bon moment, qu’il préférait attendre encore un peu. J’acquiescais, sans vraiment réfléchir. Je pensais être d’accord. Je n’en avais pas vraiment envie, moi non plus. Et pourtant, durant ces trois années de vie commune, la question était revenue à plusieurs reprises.

Mais ici, maintenant , le moment me paraissait inoportun. C’était donc décidé , des le lendemain j’appellerai la gynécologue.

Je lui dirai que je suis enceinte.

Et que je souhaite avorter.

De vous à moi

19 mai 2018 § 4 Commentaires

Est ce possible que l’amour se brise simplement parce qu’il était trop intense ?

Le cœur ou la raison ?

8 juillet 2017 § 16 Commentaires

Des mois d’absence et me voilà à nouveau au contact d’un clavier. Ou plus précisément, au contact des mots, ceux-ci qui m’avaient tant manquer. Tout ceci s’explique, mais peu importe.

Je suis en proie à un nombre incalculable de doutes, encore. Je me réfugie auprès de ce qui me correspond le plus et qui me fait le plus de bien : les mots. Pour y trouver un sens, peut-être. Ou simplement pour qu’ils soient posés là, quelque part. Pas de texte travaillé cette fois-ci, juste les pensées qui se baladent sous mes doigts.

Où est la balance entre ce qui est judicieux et ce qui rend heureux ? Parce que, évidemment, les deux ne sont pas toujours de paire. Ce serait bien trop facile. Je suis face à des choix, des doutes, une vie. Ecouter le coeur ou la raison ? Parce que les deux ne s’accordent pas cette fois.

Lorsque j’ai donné la vie pour la première fois, il y a 8 ans, mes choix ont dû se succéder ensuite. J’étais devenue mère. Responsable d’un petit être qui avait, qui a, tant besoin de moi. Quelque part, je devais lui rendre des comptes. Faire tout ce qui est en mon pouvoir pour le rendre heureuse. Alors les choix judicieux se sont enchainés. J’ai passé plusieurs années à ne choisir que ce qui était, à priori, le plus intelligent. Que ce qui permettrait à ma fille d’avoir une vie convenable, et je parle de là surtout d’un point de vue matériel. En faisant ces choix, je n’ai pas suivi mon coeur mais ma raison.

Aujourd’hui, les choses se bousculent, les questions m’assaillent. Pour ceux qui auront eu le courage de lire jusqu’ici : je vais donner la vie, une deuxième fois. Dans 6 mois environ. Et je m’interroge. Est-ce vraiment ce que je veux apprendre à mes enfants ?

Rentrer dans la case qu’on leur donne, tout faire pour décrocher un CDI puis contracter un prêt, acheter une maison et une jolie voiture ? Il y a 10 ans de ça j’étais parfaitement contre ce genre de vie. Je ne veux pas du matériel si c’est pour faire « Comme les autres » ou même si c’est « pour faire bien » parce que c’est le plus intelligent, la sécurité. Il y a 10 ans j’étais répugnée et je ne comprenais pas ces gens qui se levait tous les matins pour un travail qu’ils n’aimaient pas. Simplement pour pouvoir s’offrir le dernier téléphone à la mode.

Mais aujourd’hui, tout n’est plus aussi simple. En effet, à l’instant où nous sommes responsables d’autrui, les choses deviennent différentes. La sécurité financière est importante, oui. Et pourtant je me pose la question : est-ce vraiment ce que je veux apprendre à mes enfants ?

J’ai choisi de faire une formation d’assistante de gestion, simplement pour pouvoir décrocher un travail et gagner un salaire. Ça ne me plait pas, ça ne me correspond pas, ce n’est pas le choix de mon cœur mais plutôt celui de ma raison, influencée par mon entourage. Et je n’en suis pas heureuse.

Je disais à Lui, il y a quelque jours, que les seuls choix qui me rendent heureuse sont ceux que j’ai fait avec le cœur. Alors, oui, ils m’ont apporté la misère parfois. Mais ce sont les seuls que je ne regrette pas.

Arrivée à un nouveau tournant de ma vie, dois-je écouter mon cœur, au risque de me faire nombreux ennemis, au risque de décevoir mon entourage, d’être incomprise et en proie aux doutes ou dois-je écouter mon cerveau pour « rentrer dans la case » et être sûre de pouvoir subvenir au besoin financier de ma famille ?

La vérité est que cette vie, ma vie depuis quelques années, ne me ressemble pas. Je ne suis pas assistante de gestion. Je ne suis pas organisée, je n’arrive pas à garder une maison parfaitement rangée ni à faire mes comptes tous les mois. Je suis une artiste. J’aime écrire, j’aime photographier, j’aime la musique, j’aime rêver. J’aime être naïve et dans les nuages, j’aime redevenir enfant parfois. Et tout ça ne m’appartient plus. Pas tant que je continuerai à suivre ma raison.

Mes enfants doivent-ils faire des sacrifices pour avoir un travail plus tard, une jolie maison ou doivent-ils suivre leur instinct, leur rêve, ce qui les rendra heureux ? Les deux ne sont peut-être pas incompatible pour certain. Pour moi, ça ne va pas ensemble. Le sacrifice est trop grand.