De vous à moi

19 mai 2018 § Poster un commentaire

Est ce possible que l’amour se brise simplement parce qu’il était trop intense ?

Publicités

De deux à trois

12 mars 2018 § Poster un commentaire

 » Je suis enceinte  »

Cette phrase ne cessait de se heurter en mon intérieur. Je n’arrivais pas à réaliser. Je sentais ce malaise s’emparer de tout mon être. Étais-je heureuse ? Non. J’étais perdue, tiraillée. Je ne voulais pas de ce bébé et lui non plus. Enfin c’est ce que je croyais. La journée fut interminable. Je plongeais dans mes dossiers professionnels sans arriver réellement à me concentrer. Tantôt j’avais hâte de rentrer à la maison, que l’on puisse en discuter, tantôt je redoutais ce moment plus que tout. Et ce dernier arriva.

Nous avions les enfants, il était donc préférable d’attendre l’heure du coucher avant de discuter calmement. Cet échange fut plutôt court. Il m’expliqua clairement qu’il ne voulait pas de ce bébé, que ce n’était pas le bon moment, qu’il préférait attendre encore un peu. J’acquiescais, sans vraiment réfléchir. Je pensais être d’accord. Je n’en avais pas vraiment envie, moi non plus. Et pourtant, durant ces trois années de vie commune, la question était revenue à plusieurs reprises.

Mais ici, maintenant , le moment me paraissait inoportun. C’était donc décidé , des le lendemain j’appellerai la gynécologue.

Je lui dirai que je suis enceinte.

Et que je souhaite avorter.

(N.B : je reprend cette histoire au passé , étant plus à l’aise avec cette conjugaison.)

Au commencement (3)

15 février 2018 § 2 Commentaires

« Je suis enceinte »

Le silence. Il ne dit rien durant d’interminables secondes. Je crois qu’au fond de moi j’espére un cri de joie, quelque chose comme dans les films. « c’est le plus beau cadeau du monde que d’avoir un enfant avec toi, je t’aime tellement ». Je crois que tout au fond, c’est ce que j’aimerais entendre. Bien sûr, je sais qu’il n’en sera rien.

Il commence à émettre quelques mots après avoir remis de l’ordre dans ses pensées.

« Et on fait quoi ? » Me dit-il d’un ton désemparé. Je ne répond pas, en vérité je n’ai pas la réponse.

« Tu veux le garder ? » Voilà. La voilà la question tant redoutée. Que dois-je répondre ? Et puis je ne sais même pas ce dont j’ai envie. J’ai peur et je me sens seule, avec ce nouvel être en mon intérieur. Est-ce à moi de choisir ? Je sais qu’il ne veut pas le garder. Le ton qu’il a employé ne laisse pas la place au doute. Durant ces années de vie commune, j’ai appris que nous peinons à prendre des décisions personnelles, à donner notre avis, sans essayer d’imaginer ce que l’autre souhaite entendre. Alors que veut-il entendre ? Dois-je laisser mes sentiments de côté afin que ma réponse corresponde à ses attentes ? C’est une décision trop importante. Je n’aime pas taire mes pensées.

Je répond.

« Je ne sais pas. J’en sais rien. On en discutera ce soir »

Le temps joue contre nous, il est déjà l’heure de se préparer à partir au travail. Je trouve ça injuste. Nous devrions passer la journée ensemble à discuter et à réfléchir. Comment aurons nous les idées claires après une journée de travail ? Et comment réussirons nous à nous concentrer après une telle révélation ? La journée sera longue.

Place aux doutes. Je déteste ce sentiment d’insécurité. Celui qui m’empêche d’imaginer l’avenir.

Au commencement (2)

15 février 2018 § Poster un commentaire

Palpitations.

Que dois-je penser ? Que va-t-il dire ? Il ne veut pas de deuxième trait pour le moment. Ça j’en suis sûre.

Je me rappelle, lors d’une de nos premières sorties ensemble, avant même que nous nous embrassions pour la première fois, nous avions discuté. Nous avons déjà une progéniture chacun, petit Lui, petite Moi. Nous envisagions chacun d’avoir un deuxième enfant. Sans imaginer, pour l’instant, que ce serait un petit Nous. Puis notre amour s’est installé, notre rythme de vie également. Une semaine à quatre , une semaine rien que les deux. Nous aimons ça, nous tenons à cet équilibre.

Je tente de reprendre mes esprits et de libérer les toilettes. Je n’ai guère le temps de réfléchir : je dois me préparer pour aller au travail. Lui dort encore profondément, dans ce lit qui a abrité nos ébats amoureux. Je dois lui dire. Je ne peux pas garder ça pour moi, c’est peut être à l’intérieur de mon corps mais je ne suis pas la seule concernée. Une pensée furtive surgit « et si je ne disais rien? Si je laissais le temps parler pour moi? ». Impossible.

J’entre dans notre chambre, consciente que cette révélation risque de le bousculer et de l’entraîner dans un état de panique. Je caresse son visage et le regarde dormir quelques instants. Je profite de cette accalmie puisque je sais qu’elle ne durera pas.

« Bonjour mon amour… »

Il esquisse un sourire puis se laisse happer par Morphée. Je dois insister. Je dois lui dire.

« Bonjour mon amour, j’ai quelque chose à te dire »

Sans le vouloir, ma voix à soudainement prit un ton plus plus grave. Ses yeux s’entrouvent légèrement , surpris par mes propos.

« Excuses moi de te réveiller mais il faut que je te le dise.  »

Il vient de comprendre qu’il s’agissait de quelque chose d’important. Je ne peux le ressentir mais je suis persuadée que son cœur s’accélère. Il se réveille, s’asseoit au bord du lit et me demande ce qu’il se passe.

Mes lèvres ont subitement un mal fou à émettre des sons. Je ne réalise pas encore ce que je vais réellement devoir lui dire. Il faut que je le lance, que je crève l’abcès puis j’aviserai après. Je prend une longue inspiration :

« Je suis enceinte »

Au commencement (1)

14 février 2018 § Poster un commentaire

Voici mon histoire.

Avril 2017.

Tout à basculé. J’ai basculé.

Je fais le test une première fois. Nous rentrons d’un week-end en amoureux au bord du lac de constance. Je sais que quelque chose a changé, j’en suis persuadée. Instinct animal, mon regard reste pendu sur ce petit bout de plastique, oubliant un instant que j’occupe les toilettes d’Auchan. Aucun trait n’apparait. Je regarde la notice alors que je la connais déjà très bien : le test n’a pas fonctionné. Je retourne à la voiture, pose mes mains sur le volant et prend une profonde inspiration. Est ce un signe du destin ? Je réessayerai demain.

Le lendemain, je profite de la pause déjeuner pour acheter un nouveau test mais cette fois je décide de le cacher au fond du sac et de le garder pour le lendemain matin puisqu’ils conseillent d’attendre les premières urines. Je n’en parle, évidemment, à personne.

Ce n’est pas la première fois depuis que nous sommes ensemble que j’ai ce genre de pratique. J’ai déjà eu peur, j’ai déjà fait des tests sur des bouts de plastique. Je connais cette angoisse, celle qu’un deuxième trait apparaisse. Et en même temps , à chaque fois que la case restait vide, absence de trait, j’éprouvais un léger pincement au coeur. Petit déception.

Le moment est arrivé. Il est 6h du matin. J’ai très peu dormi cette nuit , mes pensées se laissaient aller à des suppositions inquiétantes. Je m’enferme dans les toilettes et déballe le second test. J’attend le nombre de minutes préconisées. Je reste assise sur les toilettes, évitant à tout prix de regarder le résultat. Quand le temps me paraît être écoulé , je pose mes yeux sur ce bout de plastique au capuchon violet. Il est là. Mon cœur s’arrête ou s’emballe, je ne fais plus la différence. Il est là, le deuxième trait. Il est apparu.

Le cœur ou la raison ?

8 juillet 2017 § 6 Commentaires

Des mois d’absence et me voilà à nouveau au contact d’un clavier. Ou plus précisément, au contact des mots, ceux-ci qui m’avaient tant manquer. Tout ceci s’explique, mais peu importe.

Je suis en proie à un nombre incalculable de doutes, encore. Je me réfugie auprès de ce qui me correspond le plus et qui me fait le plus de bien : les mots. Pour y trouver un sens, peut-être. Ou simplement pour qu’ils soient posés là, quelque part. Pas de texte travaillé cette fois-ci, juste les pensées qui se baladent sous mes doigts.

Où est la balance entre ce qui est judicieux et ce qui rend heureux ? Parce que, évidemment, les deux ne sont pas toujours de paire. Ce serait bien trop facile. Je suis face à des choix, des doutes, une vie. Ecouter le coeur ou la raison ? Parce que les deux ne s’accordent pas cette fois.

Lorsque j’ai donné la vie pour la première fois, il y a 8 ans, mes choix ont dû se succéder ensuite. J’étais devenue mère. Responsable d’un petit être qui avait, qui a, tant besoin de moi. Quelque part, je devais lui rendre des comptes. Faire tout ce qui est en mon pouvoir pour le rendre heureuse. Alors les choix judicieux se sont enchainés. J’ai passé plusieurs années à ne choisir que ce qui était, à priori, le plus intelligent. Que ce qui permettrait à ma fille d’avoir une vie convenable, et je parle de là surtout d’un point de vue matériel. En faisant ces choix, je n’ai pas suivi mon coeur mais ma raison.

Aujourd’hui, les choses se bousculent, les questions m’assaillent. Pour ceux qui auront eu le courage de lire jusqu’ici : je vais donner la vie, une deuxième fois. Dans 6 mois environ. Et je m’interroge. Est-ce vraiment ce que je veux apprendre à mes enfants ?

Rentrer dans la case qu’on leur donne, tout faire pour décrocher un CDI puis contracter un prêt, acheter une maison et une jolie voiture ? Il y a 10 ans de ça j’étais parfaitement contre ce genre de vie. Je ne veux pas du matériel si c’est pour faire « Comme les autres » ou même si c’est « pour faire bien » parce que c’est le plus intelligent, la sécurité. Il y a 10 ans j’étais répugnée et je ne comprenais pas ces gens qui se levait tous les matins pour un travail qu’ils n’aimaient pas. Simplement pour pouvoir s’offrir le dernier téléphone à la mode.

Mais aujourd’hui, tout n’est plus aussi simple. En effet, à l’instant où nous sommes responsables d’autrui, les choses deviennent différentes. La sécurité financière est importante, oui. Et pourtant je me pose la question : est-ce vraiment ce que je veux apprendre à mes enfants ?

J’ai choisi de faire une formation d’assistante de gestion, simplement pour pouvoir décrocher un travail et gagner un salaire. Ça ne me plait pas, ça ne me correspond pas, ce n’est pas le choix de mon cœur mais plutôt celui de ma raison, influencée par mon entourage. Et je n’en suis pas heureuse.

Je disais à Lui, il y a quelque jours, que les seuls choix qui me rendent heureuse sont ceux que j’ai fait avec le cœur. Alors, oui, ils m’ont apporté la misère parfois. Mais ce sont les seuls que je ne regrette pas.

Arrivée à un nouveau tournant de ma vie, dois-je écouter mon cœur, au risque de me faire nombreux ennemis, au risque de décevoir mon entourage, d’être incomprise et en proie aux doutes ou dois-je écouter mon cerveau pour « rentrer dans la case » et être sûre de pouvoir subvenir au besoin financier de ma famille ?

La vérité est que cette vie, ma vie depuis quelques années, ne me ressemble pas. Je ne suis pas assistante de gestion. Je ne suis pas organisée, je n’arrive pas à garder une maison parfaitement rangée ni à faire mes comptes tous les mois. Je suis une artiste. J’aime écrire, j’aime photographier, j’aime la musique, j’aime rêver. J’aime être naïve et dans les nuages, j’aime redevenir enfant parfois. Et tout ça ne m’appartient plus. Pas tant que je continuerai à suivre ma raison.

Mes enfants doivent-ils faire des sacrifices pour avoir un travail plus tard, une jolie maison ou doivent-ils suivre leur instinct, leur rêve, ce qui les rendra heureux ? Les deux ne sont peut-être pas incompatible pour certain. Pour moi, ça ne va pas ensemble. Le sacrifice est trop grand.

Qui ne ressemble pas…

4 avril 2017 § Poster un commentaire