Instants présents

30 juillet 2015 § 20 Commentaires

Serait-ce possible

que l’être humain soit accro au(x) drame(s) ?

Mardi

29 juillet 2015 § 9 Commentaires

Vingt-huit juillet

Ma remplaçante s’intéressait à l’année où mes yeux se sont ouverts pour la première fois, je lui aie alors communiqué mon âge. Sans se faire prier, elle me questionna au sujet de l’âge de ma fille. Elle a six ans. Généralement, les autres font preuve d’une rapidité incroyable quant au calcul qui suit ces quelques confidences. Alors, autant le dire. J’ai donné naissance à ma fille alors que je n’avais pas encore soufflé sur mes dix-huit bougies. Les réactions à ce sujet sont peu florissantes, il y a simplement deux catégories. Les personnes qui trouvent cette décision irresponsable, irréfléchie et dangereuse et celles qui prétendent m’admirer pour mon courage et ma faculté à être une mère parfaitement normale. Dans les deux cas, je n’en tiens pas compte.

La première idée tend à me faire croire que la confiance qui règne en nos générations futures est très limitée. De plus, malgré mon jeune âge, cette décision fut mûrement réfléchie et jamais je n’ai eu à la regretter. Je ne la qualifierais pas de dangereuse mais peut-être de risquée. Non pas aux vues de mon jeune âge mais simplement pour une raison évidente : Chaque décision, regardé sous l’angle de la peur, est risquée. Avoir un enfant l’est tout autant, peu importe l’âge des dits parents. Risqué pour qui ? Pour l’enfant, pour la mère ? En quoi aie-je réellement pris plus de risques que n’importe qui d’autre ? Peut-être celui de regretter, d’être nostalgique de ces moments de jeune adulte que je n’aurais pu vivre de la même façon que n’importe qui. Mon enfant risque-t-il de connaître déboires et déraisons suite à la précocité de sa mère ?

La deuxième idée m’effraye d’autant plus. Ma faculté à être une mère normale… Quelle définition apporte-t-on à « Mère normale » ? De plus, l’âge est-il réellement un critère prédominant ?

Je vendrai mon âme au diable pour protéger ma fille. Il m’est impossible d’exprimer correctement l’amour que je lui porte car aucun mot ne saurait rendre hommage à cet amour, grandiose et majestueux. Elle représente toutes les merveilles de la pureté. Tout ce dont je n’avais jamais osé rêver. Elle est bien plus que mon souffle, elle fait partie de mes entrailles.

Lundi

28 juillet 2015 § 8 Commentaires

Vingt-sept juillet

Il m’a été écrit que mes songes faisaient preuve tantôt de désespoir, tantôt d’assurance. Les hauts et les bas. Oui, c’est la définition même de mes états d’esprit. Je suis capable d’écrire sous le poids des larmes ou de composer les sourires qui ornent mon visage. Je suis la femme aux mille couleurs, celle qui se pare d’un ténébreux noir aux cris des hivers douloureux et qui est capable d’offrir son éclat aux lendemains émerveillés.

Je suis le véhicule accidenté qui tente de rapiécer les dommages du passé. Je suis consciente que cette même voiture ne retrouvera jamais plus son état d’origine. Plus jamais elle ne sera neuve comme elle le fut autrefois. Elle a été abîmée, cabossée, violentée. Chaque jour qui m’est donné me permet d’utiliser toute mes compétences dans l’unique but de réparer au mieux ces dégâts. Un jour viendra où la voiture brillera de mille feux, d’apparence identique à une voiture neuve. Je serai la seule à connaître les déboires qu’elle put connaître et je ne l’oublierai jamais. Car non, nous n’oublions pas. Nous souhaitons le croire mais nous n’oublierons jamais. Quoiqu’il advienne, chaque douleur passée est gravée en nous comme une gibbosité sur la tôle.

A vous, qui me lisez et qui êtes acteurs de mes réflexions. Quoique vous ayez pu vivre par le passé, quel que soit les épreuves qui vous ont été imposé ou que vous avez choisi d’affronter, vous ne les oublierez jamais. Ne tentez ni de nier, ni d’oublier car il s’agit du chemin le plus court vers l’autodestruction. Vous êtes accidentés. Oui, et jamais plus vous ne saurez être intacts. Jamais plus vos couleurs ne seront aussi parfaites qu’elles ont pu l’être autrefois. Et peu importe. Vous vivez au sein de votre propre conscience, à l’endroit même où vous serez le plus heureux.

J’ai vingt-quatre ans (le vingt-huit septembre), et non je n’ai pas la science infuse. Je ne l’aurai jamais. Non, je ne connais pas plus de chose que quiconque portant le statut d’être humain. Non je n’ai pas tout compris, loin de là. Non je n’ai pas guérit. Je ne guérirai jamais vraiment. Mais je chemine lentement sur la quête de la paix. La paix avec moi-même. L’apaisement de l’esprit au sein d’une société bien trop évocatrice, bien trop  guerrière. Peut-être ne la trouverai-je jamais mais ce chemin sera, sans aucun doute, le plus merveilleux qu’il m’est été donné de parcourir.

P.S. : J’avais en tête d’écrire un merveilleux texte emplit de ces mots qui me transportent et qui prodiguent des sentiments aux milles et une merveille. Mais j’ai choisit la spontanéité et la sincérité, ce soir. J’ai choisit d’être transportée par mes sourires et de les écrire juste là.

Dimanche

27 juillet 2015 § 4 Commentaires

Vingt-six juillet

Le soleil tentait de s’infiltrer au travers du volet lorsque mes yeux se débarrassèrent de leurs terreurs nocturnes. Il est allongé à mes côtés, abattu par l’écrasante nuit professionnelle. Son front se crispe et ses yeux ne cessent d’être secoués par les tapages de son esprit. Il est prisonnier d’un cauchemar sans fin qui ne lui donne aucun répit. Son passé semble le rattraper à vive allure et il refuse de l’accepter.

Samedi matin, j’ai mis le réveil à 5h30, l’heure à laquelle il rentre. J’ai entouré son petit déjeuner de quelques bougies en forme de cœur, j’ai beurré le pain et déployé la confiture. Mon corps se vêtit d’une nuisette en dentelle rouge. Il fut émerveillé de me voir réveillée et si bien apprêtée à cette heure matinale. La journée fût d’un calme presque ennuyant. Le soir, je l’invite au restaurant. Les quelques verres de vin blanc nous rendent euphoriques et nous permettent d’oublier ce quotidien de plus en plus accablant.

Dimanche matin, le ciel parait être en accord avec notre humeur maussade. Nous sortons nous divertir en assistant à une course dans la boue, plutôt spectaculaire et amusante. Il parait se sentir bien, lorsque nous sommes entourés de parfaits inconnus, au sein d’une foule bruyante où personne ne semble nous remarquer. Il paraitrait presque apaisé, méconnaissable. Il devient son propre contraire lorsque nous rentrons à la maison. Je finis par paraître irritée, de cet incessant comportement. Je suis attristée de le voir si mal, de ne pouvoir faire ce que lui seul est capable de faire. Je tente de le réconforter à l’aide de mes mots mais doute de l’utilité de cette conversation. Et pourtant, j’aperçois une infime lueur, un réconfort incertain, un léger soulagement. Il va mal, de plus en plus mal. Je le vois, je le ressens. Finalement, le comble serait sans-doute cette étrange sensation d’être bien plus heureuse que lui.

C’est une étrange douleur qui s’infiltre en moi. Celle-ci d’être dans l’incapacité d’aider la personne que j’aime plus que tout au monde, cette souffrance que je partage et que je ne peux éradiquer. Il est le seul à pouvoir le faire, j’en suis consciente et pourtant j’aimerais le porter. Le soulever de toutes mes forces, sortir sa tête de l’immense océan dans lequel il est en train de se noyer. Je suis éprise d’un immense courage, d’une force sans faille car finalement j’ai toujours été ainsi. Cette femme qui se sent si forte lorsqu’il s’agit de venir en aide aux personnes qu’elle aime. Cette femme qui est capable d’être en paix avec soi-même dans le seul but d’offrir la paix aux autres. Oui, je me sens forte, plus que jamais. Parce que je veux l’être pour lui, parce que je veux lui rendre ses sourires, ceux-ci qui lui ont été volé. Parce que, égoïstement, je veux être cette femme dont on dit « Sans elle, je ne serais rien » .

La conclusion de toutes ces interminables pensées est sans aucun doute celle-ci : Au-delà de mes peurs, de mes doutes, de mes souffrances, de mes maux, je l’aime plus que je n’ai jamais aimé, j’éprouve un sentiment si grandiose lorsque je suis à ses côtés. J’admire la personne qu’il est, je suis pleinement amoureuse de cet homme. Pas seulement pour ce qu’il m’offre. J’aime sa personne, son unicité. J’aime cet humain. Au-delà de tout.

Jeudi

23 juillet 2015 § 7 Commentaires

Vingt-trois juillet

J’écris depuis mon lit, mon antre. Ce doit être la première fois. Et ce texte est certainement éphémère. De plus, il est rédigé avec un simple smartphone, ces fameux jouets d’aujourd’hui qui nous gardent connectés, sans pour autant garantir notre bien être face à ces instantanés.

J’ai craqué. Je me suis mise à pleurer. Pourquoi a-t-on l’impression d’être faible dans ces moments là ? Les larmes ne sont elles pas le signe d’une force en cet interminable combat ? Pourquoi avais-je l’impression d’être si faible et si petite ?

Pourquoi aie-je craqué ? Parce que mon passé, mes doutes et mes peurs m’ont rattrapé. Je lui aie dis qu’il avait changé, qu’il n’en avait que faire de moi. Et c’est un peu vrai. Sauf que ma façon de réagir à ses périodes de malaise a également changé. Ce n’était même pas une dispute, d’aussi loin que je me souvienne nous n’en avons jamais eu, sans avoir besoin de faire des efforts pour ça. Il s’agissait simplement de mots de détresse balancés dans un immense océan d’incompréhension. Les mots se sont perdus, il n’y a pas vraiment répondu, il n’a saisit le SOS qu’à l’instant où mes mains tentaient de cacher mes larmes.

En d’autres termes, je n’ai pas avancé. J’en ai parfois l’impression jusqu’à ce que ces tourments me rattrapent à grande vitesse. Suis-je réellement maître de ces sentiments là ? Si oui, pourquoi reviennent-ils sans cesse ?

Tant de questions sans réponse. C’est usant, tellement.

Mercredi

23 juillet 2015 § 2 Commentaires

Vingt-deux juillet

De ma douce voix, j’ébrèche la mélodie de l’espoir. Parfois, le passé m’impressionne. Ou plutôt, notre propension à vivre autant en si peu de temps. Je dresse le curriculum vitae de mes tourments et la liste s’allonge dangereusement. Je peine à m’affranchir de cette désolation qui me rappelle assidûment à quel point nous sommes humains. Je perçois un malaise incertain mais sûrement émane-t-il de mon propre esprit. Je finis par croire que j’engendre mes propres désespoirs, mes propres peurs.

J’ai passé la journée à me tordre de douleur tantôt pour une de mes dents qui a décidé de me faire souffrir, tantôt pour les questions auxquelles je n’ai pas de réponse.

Ah ! Et puis j’ai consulté mon compte bancaire, en ligne. Ma raison s’est mise en alerte : j’ai enfanté un découvert astronomique.

Lorsque toute ma concentration se dirige vers mon bien-être intérieur, le quotidien finit toujours par me rattraper, dégorgeant ses problèmes à mes pieds.

Ma prison #15

22 juillet 2015 § 3 Commentaires

Sous la lune d’un éclat miroitant,

J’encolle les fragments qui m’ont échappé

Grâce au ciment des jours nouveaux,

J’apprends l’hymne du passé.

J’ai rencontré le diable sous un doux visage

La main de fer dans le gant de velours

L’exquise souffrance qui enfante les pires ravages

L’infâme terreur, parfait opposé de l’amour

Abusée et trahie,

Il a étouffé mes cris

Sous sa colère sans nom

Il a torturé mon esprit.

Mais oui, la vie recommence.

De ses doux chants, sous son soleil flambant

Elle offre ses plus belles merveilles

A ceux qui la savoure.

Mais oui, je suis endommagée

Esprit malsain dans un corps amoindri,

Ma force est mon allié

Et mon courage est embelli.

Où suis-je ?

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